Blog/Let's talk/Mes coups de gueule

J’aimerais mourir jeune uniquement pour ne pas subir l’attente décrépitante en regardant un épisode de Derrick dans une maison de repos-Ode aux doyens

Je vais aborder un thème sérieux, qui me tient à coeur en quelque sorte, qui concerne tout le monde; absolument tout le monde.

Universel et la fois propre aux sociétés modernes, quelque soit la culture qu’elle soit d’un registre géographique, religieux ou linguistique.

Le titre peut vous paraitre cru, mais la solitude qu’on subit ou choisit est tout autant cruelle.

Tout au début du blog, je vous ai fait part de mon parcours scolaire et universitaire. Si vous me suivez depuis le début, vous savez sans doute que j’ai fait des études infirmières et j’ai pu par le biais de ce cursus m’immiscer  dans cet endroit ou l’on attend la mort avec plus au moins de recul et patience. Les maisons de retraite sont en théorie un progrès social, permettant « aux personnes du 3ième âge » ayant perdu leur autonomie de vivre en sécurité avec ou non un accompagnement thérapeutique.

La vieillesse est une étape de la vie incertaine et difficile à vivre. Rien de plus normal, la fin ne saurait tarder. Parfois on a choisit d’y vivre , souvent on y a été encouragé voir forcé par la famille pour X raisons (souvent une impossibilité de prendre en charge sa propre famille et son parents devenu dépendant). Sans vouloir faire de critique moralisatrice ,ni de jugement de valeur  j’aimerais vous soumettre ce texte écrit par mes soins.

 

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« Parfois nous avons été déposé, parce que nous urinions dans notre pantalon et que notre belle-fille en avait marre de nous changer ,de nous nettoyer. Occasionnellement, nos propre enfants nous jettait à la rue pour vendre le logement alors que nous avions mis 30 ans à rembourser. De temps à autre, nous avons complètement perdu la tête: dément nous chauffions du yaourt dans une casserole, on nous retrouvait allongé dans le garage, de la lessive plein le corps et nous savions qu’on devenait ingérable.Rarement, on nous offrait un petit chez-soi après avoir dormi 10 ans à errer de trottoir en trottoir, d’un pont à un autre . Exceptionnellement,nous avions vécu toute notre vie avec nos parents et nous étions encore vierge. Nous avons 65,70,80,90 parfois même 100 ans et nous aimions la vie. . Nous avons eu des enfants, des garçons et des filles pour qui nous avions du suer. Tantôt, il étaient notre chaire et nous étions capable de mourir immolé pour eux, tantôt  nous étions indifférents, tantôt nous les haïssions de toute notre âme. Nous avons connu la guerre et la misère, le dénouement et la providence. Le temps est révolu, nous ne valons plus rien. Nous ne savons plus appliquer du rouge à lèvres correctement et nous aimons les parfums entêtant et nauséabond. Parfois , nous aimons, encore, notre coeur bat à cent à l’heure, nous sommes pris de désir, mais rien n’est comme avant. Le corps a perdu de sa force et de sa vigueur. Alors nous nous  contentons des gestes de tendresse envers notre dulcinée  pendant le repas dominical et nous nous prenons de jalousie pour Michel Drucker devant « Vivement Dimanche ». L’envie comme lui de monter sur un vélo. Nous étions jeune et nous avions notre idole. Aujourd’hui il est tout aussi fripé que nous. La maladie nous a joué des tours. Nous déféquions dans des couches que les infirmières nous mettait pour ne pas être constamment dérangée.Pour nous venger, nous leur pincions les fesses lors de la toilette et nous remémorions la fermeté de notre corps qui aujourd’hui fermente. Elle nous torchait le cul, mais ça continuait à nous gratter. Nous avions les ongles plein de merde et tout le monde s’en foutait. Nous avions du diabète et une cataracte, la cirrhose et nous avions guéri du cancer.Nous avions le zona et l’arthrose. Nous avions perdu nos dents et plus de caries à craindre. Alzheimer entrait parfois sans toquer à la porte. Etre n’existait plus. Nous étions dément et attaquions la bique d’en face pour vol de flan Au début, nous recevions la visite de nos enfants et de leur descendance. Les mômes nous inspirait l’insouciance de notre jeunesse, et nous nous rappelions de l’euphorie en mangeant un morceau de chocolat. Plus le temps progressait et plus les visites s’espaçait. Noel devenait le jour on nous bouffions bien et ou nous avions le droit à notre verre de rosé en plus.Nous recevions des enfants bruyants qui nous ennuyaient et des sosies de Dalida alors nous aimions Pierre Bachelet.Et parfois on entendait l’écho de la télévision nous incitant à souscrire un contrat d’assurance pour nos funérailles en nous offrant une montre bon-marché.  Les bibelots devenait nos confidents. Nous dormions 15 heures par jour. Et à la fin nous attendions la mort en regardant Derrick. « 

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4 réflexions sur “J’aimerais mourir jeune uniquement pour ne pas subir l’attente décrépitante en regardant un épisode de Derrick dans une maison de repos-Ode aux doyens

  1. Bonjour
    Pas facile la vieillesse: tout à l’heure mes enfants ont joué d’un instrument avec d’autres enfants dans une maison de retraite. Ce qui est difficile,c’est l’image que l’on reçoit en les voyant parce que forcement on pense à notre devenir…

    • Re-coucou natieak
      justement
      j’ai côtoyée ce milieu et face à mes questionnements existentiels sur la vieillesse, je me résous à ne pas vouloir vivre comme ça. C’est quelque chose qui me fait terriblement peur…plus que la mort
      Nous avons le taux d’espérance de vie le plus haut en europe oui certes, mais est-ce que ça vaut vraiment le coup de vivre 85 ans si on est plus capable de s’auto-suffire, perdre toute indépendance, vivre cloisonné dans un 10 m2 à attendre que ça passe. Peu de gens y sont vraiment heureux et épanouis.
      Tu sais, vu mes origines et l’éducation que j’ai eu (et c’est loin d’être un jugement de valeur), je me demande si je pourrais vraiment laisser un jour ma progéniture me mettre dans un endroit ou je suis convaincue de ne pas y être heureuse.
      Je préfère mourir dans le bonheur, que d’attendre à ce que celle-ci vienne me chercher avec morosité et aigreur

      Bref, j’arrête, c’est à en faire pleurer un minou.
      Vive la vie

      Bonne soirée et merci pour ton commentaire plein de sens

  2. Ton article me touche beaucoup… J’ai aussi travaillé dans un hôpital avec pas mal de personnes âgées et j’ai ressenti un peu la même chose que toi. Le sentiment que je déteste le plus est la pitié, et je n’ai pas pu m’empêcher d’en ressentir devant certaines situations… C’est très difficile d’accepter ça, et de s’imaginer dans 50 ans, dans le même état. Je comprends très bien le sens de ton article, et j’espère qu’on ne vivra pas ça !

    • Coucou Wrongway,
      je vois que tu comprends parfaitement ou je veux en venir. Pour ma part je ne ressens pas de pitié mais plutot une sentiment de révolte. Il y a certaines personnes qui aurait préféré terminer leurs jours en famille. Bien sur il y a certaines personnes agées qui deviennent à cause de leur maladie ingérable et la maison de retraite devient une évidence; mais d’autres ont été jeté non pas par dépit, mais par choix. Et je trouve cela vraiment malheureux que de choisir la solution de facilité et de profité d’une certaine fragilité pour X raisons.

      Je te remercie chaleureusement pour ton commentaire plein de sens.
      A trés bientôt j’espère
      Tendres bises

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